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Publication du premier rapport relatif au monitoring socio-économique

05-09-2013

Une cartographie détaillée de la situation des personnes d’origine belges et étrangère sur le marché du travail

Le Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale et le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme présente aujourd’hui le premier monitoring socio-économique. Ce Monitoring vise à mettre en évidence les positions des personnes sur le marché du travail en fonction de leur origine ou historique migratoire.
Sans surprise, on observe que les personnes d’origine belge présentent le taux d’activité et d’emploi le plus élevé. En outre, elles sont surreprésentées dans les emplois de meilleure qualité : elles sont plus souvent employées, fonctionnaires, disposent d’avantage d’un emploi stable, travaillent moins souvent à temps partiel, bénéficient de rémunérations sensiblement plus élevées, etc. Quand elles ne travaillent pas, elles se trouvent plus rarement dans une situation d’inactivité non rémunérée et bénéficient au contraire d’allocations de chômage, d’une pension, d’une prépension, d’indemnités de maladie, d’un revenu d’intégration, etc.

De toutes les personnes d’origine étrangère, ce sont celles qui proviennent d’un pays de l’UE qui s’intègrent le mieux sur le marché du travail. On observe en plus que les hommes originaires d’un pays de l’UE-12 sont particulièrement bien représentés dans le secteur de la construction, surtout en tant qu’indépendants, tandis que les femmes de la même origine sont hyperreprésentées dans le système des titres-services.

Pour toutes les autres origines, le taux d’emploi est inférieur à 50% et s’avère particulièrement faible chez les femmes issues des pays du Maghreb ou de pays candidats à l’adhésion à l’UE. Ceux qui travaillent sont également surreprésentés dans les branches d’activités moins rémunératrices, les emplois moins stables, les petits temps partiel, les missions d’intérim et le système des titres-services. Par ailleurs, les personnes qui ne travaillent pas se trouvent, d’une manière générale, moins souvent dans une situation d’inactivité rémunérée que les personnes d’origine belge.

Lorsque l’on examine l’historique migratoire, on constate de meilleurs résultats en termes d’intégration pour les personnes qui ont acquis la nationalité belge. On remarque également que la durée du séjour en Belgique (le fait que la personne étrangère soit inscrite depuis 5 ans dans le Registre National) exerce également une influence positive. L’historique migratoire montre également de meilleurs résultats pour les personnes provenant d’un pays de l’UE que pour celles originaires d’un pays hors UE.

Vous retrouverez ces constats, et bien d’autres encore, dans ce premier rapport relatif au monitoring socio-économique. Nombre de ces constatations demandent encore à être expliquées. L’objectif du présent rapport n’étant cependant pas d’exposer les corrélations entre les phénomènes observés, nous nous sommes limités à une analyse descriptive. L’exercice, en soi, s’est déjà avéré délicat car, d’une certaine manière, il a fallu étiqueter les individus dans nos tableaux et graphiques en fonction de plusieurs caractéristiques comme leur origine, par exemple. Cette étape était indispensable pour procéder à notre analyse mais ne signifie évidemment pas pour autant que l’on peut réduire une personne à une seule de ses caractéristiques ou à la somme des informations la concernant figurant dans une banque de données.
Ce monitoring montre bien que l’insertion socio-professionnelle des personnes d’origine étrangère est un défi essentiel à relever et ce, pas uniquement pour le bien-être de ces personnes, mais également pour celui de toute la population, compte tenu de l’évolution démographique et du fait que l’immigration est, et demeurera, une réalité essentielle de notre société multiculturelle.
En nous basant notamment sur l’enquête européenne sur les forces de travail, nous savions déjà qu’en matière de situation sur le marché du travail en Belgique, la différence de taux d’emploi existant entre les personnes de nationalité belge et celles de nationalité d’un pays non membre de l’UE était plus importante que la différence entre ce dernier groupe et les personnes ayant la nationalité du pays dans la grande majorité des pays de l’UE.
Ce rapport confirme et renforce le constat, déjà connu, selon lequel la participation au marché du travail des personnes d’origine étrangère est plus difficile en Belgique que dans la plupart des pays de l’UE. Bien que la discrimination soit une réalité dans notre pays, comme l’a notamment déjà démontré le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, rien ne permet cependant d’affirmer que la discrimination est plus courante en Belgique que dans les autres pays de l’UE. Ceci nous amène à conclure que les mesures visant à encourager la diversité dans les entreprises contribuent à améliorer les résultats dans ce domaine mais ne suffisent manifestement pas. Un meilleur fonctionnement du marché du travail belge devrait résoudre l’essentiel du problème. Un marché du travail difficilement accessible, n’offrant qu’une mobilité professionnelle limitée, restreint les possibilités, pour les étrangers, de trouver un emploi ou les amène à devoir se contenter d’emplois instables ou de petits emplois temporaires et moins rémunérés. Remédier à ce problème ne profitera pas seulement aux travailleurs d’origine étrangère, mais aussi à toutes les catégories de personnes qui éprouvent actuellement des difficultés à décrocher ou à garder un emploi, comme les personnes âgées de plus de 50 ans, les moins qualifiés, etc.

Avec ce monitoring, les bases ont été posées et, désormais, nous procéderons chaque année à l’analyse de la situation des travailleurs d’origine étrangère sur le marché du travail. Ce premier rapport constitue donc, en quelque sorte, une évaluation de référence à l’aune de laquelle les prochains rapports seront comparés. À terme, le monitoring socio-économique doit permettre de mesurer l’impact de la politique du marché du travail sur les personnes d’origines différentes actives en Belgique.

Vous pouvez consulter ou télécharger le rapport du monitoring dans le module Publications
 

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