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Lettre d'information indicateurs à court terme - novembre 2009

Indicateurs à court terme marché du travail 

Novembre 2009 

Le chômage à un niveau élevé: une tendance qui se confirme 

 

  • Le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés (D.E.I.) a baissé de 26.504 unités (-5,3%) sur base mensuelle et augmenté de 37.656 unités (+8,6%) sur base annuelle pour atteindre 474.741 personnes. Les taux de chômage, administratif et harmonisé, se maintiennent à des niveaux élevés au regard des mois précédents. 
  • Le marché de l’emploi belge a beaucoup mieux résisté à la crise économique et financière que beaucoup d’autres pays européens. Mais cela est peut-être à mettre sur le compte d’un effet retard. 
  • Le nombre de licenciements collectifs et suite à une faillite a augmenté de manière spectaculaire en septembre. 
  • Dans cette édition une analyse des effets détaillé de la crise sur l’emploi des jeunes. 
  • La situation de l’intérim et des postes vacants reste préoccupante. 
 

 

Le chômage: importantes perte d’emplois dans les mois à venir ?

Au cours du mois de septembre 2009 on a recensé en moyenne 474.741 demandeurs d’emploi indemnisés en Belgique ; ce qui représente une baisse de 26.504 unités (-5,3%) sur base mensuelle et une augmentation de 37.656 unités (+8,6%) sur base annuelle. 

Graphique 1 - Taux de chômage administratif et harmonisé (données non désaisonnalisées) 

En regardant le graphique 1, qui montre le chômage dans le royaume selon sa définition administrative et européenne harmonisée, on se rend compte que les taux de chômage restent à un niveau élevé et ce malgré la baisse du mois de septembre. Nous vérifierons d’ailleurs dans les prochains mois si les taux de chômage élevés se maintiennent à un niveau stable ou alors si ils croissent selon les prévisions du Bureau Fédéral du Plan qui prévoient une détérioration importante du marché de l’emploi jusqu’en 2010. 

Toutefois si la situation sur le front du chômage n’est pas des plus réjouissante il faut quand même rappeler que les conséquences de la crise économique et financière sur l’emploi sont nettement plus modérées en Belgique que dans la plupart des autres pays de l’Union européenne, comme nous le montre d’ailleurs très bien le graphique 2. Cette résilience du marché du travail belge à la crise est peut être à mettre au compte d’une législation du marché de l’emploi qui a été à même de protéger les travailleurs des premiers effets de la détérioration du contexte économique global. Il est par contre encore trop tôt pour se prononcer sur l’efficacité des mesures dites « anti-crise » qui ne sont d’application que depuis quelque mois, nous les examinerons cependant dans les mois qui viennent pour voir quel a été leur impact sur le marché de l’emploi. 

Graphique 2 - Taux de chômage harmonisé par pays de l’UE-27 

Ces chiffres relativement bon pour le Royaume ne doivent pas nous faire oublier que les conséquences sur l’emploi d’une détérioration de la situation économique n’apparaissent souvent qu’avec plusieurs mois de retard. Cet effet retard est d’autant plus important que la législation du travail comporte de longues périodes de préavis avant licenciement pour les employés, de longues procédures de restructurations et un régime de chômage temporaires relativement facile d’accès pour les ouvriers. 

L’augmentation du nombre de licenciement collectif et suite à une faillite, comme repris au graphique 3, doit d’ailleurs nous amener à regarder la relative bonne tenue du marché de l’emploi belge avec la plus grande circonspection. En effet cet accroissement important pour le mois de septembre peut laisser présager d’autres annonces de perte d’emplois importantes dans les mois à venir. Nous vérifierons donc de près l’évolution de cet indicateur qui jouit souvent d’une couverture médiatique importante. Concernant le chômage temporaire celui ci s’est contracté au mois de septembre pour arriver à un taux de 11,59 points de pourcentage, ce qui représente néanmoins une augmentation de 3,4 points de pourcentage sur base annuelle. Il semble toutefois envisageable que le chômage temporaire puisse revenir à son niveau d’avant la crise, pendant laquelle il a culminé à 22,86 points de pourcentage en mars 2009. Encore une fois nous vérifierons si cela se confirmera dans les mois à venir. 

Graphique 3 - Nombre de licenciement suite à une faillite et licenciements collectifs 

Quand aux régimes d’interruptions de carrières et de crédit temps qui ont été utilisés dans une certaine mesure comme alternative au chômage temporaire des employés il semble que le recours à ces mesures se soit stabilisé. En effet, le nombre d’individus sous ces régimes est resté stable sur base mensuelle et a augmenté de 22.311 unités (+9,5%) sur base annuelle.
Quant aux moyens « traditionnels » de sorties du marché du travail lors de restructurations, les prépensions et les régimes apparentés, il semble qu’après une augmentation au mois d’août ils ont repris leur tendance à la baisse qui perdure depuis quelque années. La crise n’a apparemment pas mis à mal les quelques acquis obtenus par le pacte de solidarité entre les générations.
 

Dans la newsletter d’octobre nous annoncions que l’accroissement du nombre de D.E.I. hommes et femmes sur base mensuelle se faisait actuellement à un rythme équivalent pour les deux groupes en place et lieu d’une augmentation plus importante pour les hommes, les secteurs les plus touchés par la crise employant principalement une main d’œuvre masculine. La diminution du nombre de D.E.I. pour le mois de septembre vient faire mentir cette observation ; en effet la diminution sur base mensuelle du nombre de D.E.I. femmes (-5,8%) est plus importante que pour les hommes (-4,8%). Cette tendance s’observe dans les trois régions du Royaume. Ce fait marquant de la crise qui continue, les hommes étant d’avantage frappés, semble indiquer que ce sont les secteurs gros pourvoyeurs d’emplois masculins qui continue de trinquer. L’emploi s’est d’ailleurs encore contracté au deuxième trimestre de l’année 2009 dans le secteur primaire et dans le secteur secondaire.
Les jeunes constituent l’autre catégorie qui a été touchée d’avantage par les retombés de la crise économique et financière sur le marché de l’emploi, nous allons donc profiter de l’édition de la newsletter de novembre pour faire un point détaillé de la situation pour ce groupe cible.
 

Tableau 1 - Nombre de D.E.I. par région et par classe d’âge 

Comme nous le montre le tableau 1 l’augmentation sur base annuelle du nombre de D.E.I. a été plus importante pour les moins de 25 ans que dans les autres classes d’âges et ce au niveau national. En détaillant ces données à un niveau régional on se rend compte que de fortes disparités existent, la région flamande étant la seule à voir le nombre de ses D.E.I.de moins de 25 ans augmenter d’avantage par rapport à septembre 2008 que ceux des autres classes d’âges. De plus cette région à connu, toujours sur base annuelle, une augmentation de ses jeunes D.E.I. de plus de 6 fois supérieur à celle de la Wallonie et de près de 4,5 fois supérieur à celle de la région de Bruxelles Capitale. Ces deux autres régions, à l’inverse de la Flandre, ont surtout connu une augmentation du nombre de D.E.I. de plus de 50 ans. Pour rappel, c’est surtout la région flamande qui est touchée par la détérioration du marché de l’emploi suite à la crise économique et financière, le marché du travail wallon avec une augmentation de ses D.E.I. 6 fois moindre que la Flandre a fait preuve d’une résilience certaine face à la détérioration de la conjoncture économique mondial. 

Quand on examine l’autre indicateur significatif pour le chômage des jeunes, le nombre de bénéficiaires d'allocations d'attentes, on se rend compte qu’il indique la même tendance que le nombre de D.E.I.. La région flamande, sur base annuelle, connaît une augmentation de ses allocataires d’attentes de 3.084 unités (+13,5%), la région de Bruxelles-Capitale une augmentation de 939 unités (+5,4%) et la région wallonne voit les siens diminuer de 1.641 unités (-2,3%). Ce dernier chiffre doit, au regard du problème structurel des allocataires d’attentes en Wallonie qui sont 2,7 fois plus nombreux qu’en Flandre, être regardé avec circonspection. Malgré tout cette augmentation significative démontre bien que la Flandre fait face à une augmentation beaucoup plus problématique du nombre de jeunes qui n’arrivent plus à rentrer actuellement sur le marché de l’emploi. Un autre fait intéressant est que l’augmentation du nombre de bénéficiaires d’allocations d’attentes n’est pas égal selon le sexe, les hommes étant encore une fois davantage touché que la population féminine. Dans le Royaume et sur base annuelle l’augmentation est de 4.432 unités (+9,9%) pour les personnes de sexe masculin alors que pour les femmes la diminution est de 2.050 unités (-3,0%). Encore une fois ici cette tendance est davantage marquée en Flandre que dans les autres régions du pays ; l’augmentation pour les hommes est de l’ordre de 27,2% alors qu’en Wallonie c’est de l’ordre de 4,4% et pour Bruxelles de l’ordre de 8,2%. Pour conclure sur les jeunes rappelons que le chômage est pour eux un problèmes structurel en particulier dans certaines région du pays comme Bruxelles. Selon l’enquête sur les forces de travail le taux de chômage des 15-24 ans était en septembre 2009 de 20,9 % alors que dans le même temps celui des 25-74 ans était de 6,6 % ; ces données doivent donc être surveillées avec minutie à l’avenir pour voir si l’aggravation de leur situation sur le marché de l’emploi dans certaines régions risque de déboucher sur une aggravation du problème structurel. 

Rien de nouveau sur le front de l’intérim et des postes vacants

Comme le montre le graphique 4 l’évolution du nombre d’heures prestées dans l’intérim continue de dégringoler au mois de septembre, certes moins fortement qu’au pire de la crise, ce qui semble indiquer que la dégradation sur le marché du travail est loin d’être finie. Il n’est pas non plus rassurant de constater que le nombre d’heures prestées par des ouvriers intérimaires a diminué davantage au mois de septembre qu’au mois d’août, cette catégorie de travailleurs ayant comme nous l’avons déjà dit à mainte reprise payé un lourd tribut suite à la crise. Nous examinerons le mois prochain cette indicateur avec la plus grande attention afin de voir si cette situation peu encourageante perdure ou pas. 

Graphique 4 - Evolution du nombre d’heures prestées dans l’intérim par rapport au mois précédant 

En ce qui concerne les offres d’emplois inoccupés il y en avait 43.543 auprès des services régionaux pour l’emploi à la fin du mois d’octobre, soit à peu près la même chose que le mois précédant mais cela représente une baisse de l’ordre de 25% sur base annuelle. Parmi ces emplois, 36.579 (+5,2% sur base mensuelle) sont disponible auprès du VDAB, 5.448 (-16,9%) auprès du Forem et 3221 auprès d’Actiris (-16,3%). Le taux de vacance d’emploi repris au graphique 5 défini comme le nombre d’offres d’emploi divisé par le nombre total de postes vacants et occupés, a baissé de 0,1 point de pourcentage sur base mensuelle et de 0,5 point de pourcentage sur base annuelle. En regardant le graphique 5 on constate que le taux de vacance d’emploi reste à un niveau relativement bas par rapport à son niveau d’avant la crise, ce qui semble indiquer que même si des emplois restent vacants en temps de crise économique ils sont moins nombreux qu’avant. Il faut aussi souligner que cet indicateur intègre tous les types de travail disponible et qu’il ne fournit pas de données qualitatives quant à ces emplois. On ne sait donc pas si ces emplois concernent le secteur primaire, l’industrie ou bien les services. 

Graphique 5 - Taux de vacance d'emploi administratif et taux de chômage administratif 

 

 

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